Par Alias

Hellboy, c’est un avant tout un comics né sur le tard (années 90) aux USA. Quand le super-héros est un démon râleur, fumeur de cigare et amateur de chats, on sent tout de suite que l’on ne sera pas dans le super-héros classique. Adopté par un vieux sage, il deviendra le membre central du BPRD (Bureau de Recherches et de Défense sur le Paranormal en bon français) aux côtés d’autres personnages tout aussi étranges que lui. On retrouve ainsi Liz, son amoureuse qui a quelques soucis à gérer sa colère et se transforme en torche humaine, Abe, un homme-poisson, Johann Krauss, un « homme » qui n’est que pur esprit et d’autres encore.

On sent tout de suite l’ambiance licorne et bisounours, non ?

Hellboy, c’est aussi trois films. Deux plutôt corrects sortis en 2004 et 2008. Et un troisième qui vient de sortir et dont la bande-annonce seule annonce la couleur : çà sent la daube. Oublions donc cette malheureuse erreur de parcours et penchons-nous sur un autre produit dérivé : le jeu de plateau Hellboy par Mantic.

Boîte sobre et fidèle au Comics, Mantic fait de gros progrès depuis 2 ans

Lancé via un Kickstarter qui avait pas mal fonctionné (1.4M au compteur quand même), le jeu nous promettait des aventures bourrées d’action et fortement scénarisées construit autour d’un schéma récurrent : enquête & baston suivi d’une confrontation brutale avec un boss qui pique les fesses. L’autre promesse étaient celle de figurines de qualité et fidèles à la « patte » graphique du comics. Les boîtes ont été livrées il y a quelques semaines à peine, il est donc temps de vérifier si les promesses ont été tenues…

Je sais, çà n’a rien à voir, c’est juste pour vous rappeler que la Belgique produit des choses exceptionnelles.

Après seulement deux parties d’essai, difficile de se faire une idée définitive du jeu. Il paraît cependant bon, malgré quelques faiblesses qui demandent sans doute un peu d’usage pour être lissées. La gestion des scénarios en particulier demande un peu de rodage. Je ne vais donc pas me lancer aujourd’hui dans l’analyse du jeu (çà arrivera dans deux à trois semaines si tout va bien) mais plutôt vous faire part du petit challenge personnel que je me suis lancé à savoir peindre progressivement le contenu de la massive édition KS du jeu Hellboy. Et croyez-moi, c’est une très grosse boîte. Un open the box (en anglais) est visible ici et compare l’édition KS à l’édition standard. En version courte, çà représente plus d’une centaine de figurines et divers éléments de « confort de jeu » comme des marqueurs 3D à la place des pions cartons et même des bustes assez réussis de plusieurs héros.

Revenons une grosse semaine en arrière, je suis au club de jeu, je propose d’amener Hellboy la semaine suivante pour tester le jeu, la bière (belge évidemment, le reste c’est de la pisse d’âne) coule à flot et je lâche négligemment « et on jouera full peint ». Un mec dit « chiche », un autre dit « farpaitement, Machin à raison », je crois que j’ai dis « banco ». Et je me lance dans un marathon de peinture qui n’était pas vraiment au programme. Une grosse vingtaine de figurines en une semaine, va falloir se toucher le pinceau.

Pour cet article, je vais me limiter aux quatre héros de la boîte de base et tenter de vous expliquer comment les peindre rapidement et efficacement. Un héros m’a pris moins d’une soirée (soit environ 2h de peinture en faisant d’autres choses à côté durant le séchage des encres donc tout au plus 1h pinceau en main). Commençons donc par Hellboy lui-même. Les gammes de peinture utilisées sont Citadel (GW), Model Color Vallejo (MC) et Game Color Vallejo (GC).

Il est pas venu faire des crêpes…

La peau a été faite en Mephiston Red (GW) avec un encrage en Agrax Earthsade (GW) suivi de quelques éclaircissement très légers d’orange ainsi qu’un tout petit peu de Blood for the Blood of God dont l’aspect brillant a disparu sous le vernis mat (et c’était volontaire). Le manteau, comme tout ceux des héros, est fait en Russian Uniform (MC ) encré en Seraphim Sepia et éclaircit avec du Desert yellow (GC). Et oui, c’est tout simple en fait : aplat de base, encre et enfin un peu de patience et de précision en éclaircissement. Pas de glacis lourds et compliqués et un résultat très honnête sur la table de jeu. Pour les parties brunes : Flat earth (MC), Agrax Eartshad à nouveau et Zamesi Desert (GW) pour éclaircir les arêtes. Le pantalon fonctionne sur le même principe : Gris Allemand (MC) en fond, encre noir GW et un gris plus clair en éclaircissement (je n’ai plus la ref en tête). Seules l’arme et les griffes des pieds ont eu droit à un petit lavis, le reste ce n’est qu’aplat + encre + lignes d’éclaircissements. Autrement dit des choses à la portée de tout le monde avec un bon pinceau et un peu de patience.

Notez la petite boulette en bas à droite avec un amas d’encre au séchage. Comme Hellboy n’est pas le garçon le plus hygiénique du monde, çà passe comme une tache sur le manteau mais c’est bien une erreur de peinture.

Liz, la copine pyromane de Hellboy est globalement basée sur les mêmes techniques et couleurs. Son pantalon et son t-shirt sont juste sur une base noire éclaircie au gris et encre noir passé cette fois APRES les traits de gris pour fondre un peu le tout. La peau a été faite avec ma recette habituelle pour la peau humaine « occidentale » : base de Tau Light Ocre (GW), encre Seraphim Sepia (GW) et deux lavis rapide : Cadian Fleshtone (GW) et Kislev Flash (GW toujours). Les parties brun très foncé sont en Charred Brown (GC) éclaircit (sans encre cette fois) en ajoutant un peu de gris clair à la teinte intiale

Spécial kasededi petit cul @rafpark

Passons à Abe avec sa peau de poisson étrange. Les puristes noteront que j’ai choisis la version bleue (il est vert dans les comics, bleu dans les films). Parce que j’ai déjà fait tous les crapauds mutants en vert et je voulais que le personnage ressorte sur la table de jeu. Encore une fois, les principes utilisés sur les autres héros sont ici de mise. Le brun est travaillé de la même manière (y compris sur le harpon qui n’a jamais voulu se remettre droit malgré le bain d’eau chaude) et le noir est éclairci comme le pantalon de Liz. Pour la peau, on garde la même recette avec une légère variation : Arihman Blue (GW) en base, encre Gulliman Blue et éclaircissements au Arihman avec un peu de blanc. Et pour fignoler, je repasse un tout petit peu d’encre bleu là où je me suis loupé avec le pinceau des éclaircissements (les petites arêtes aux bras et à la gorge surtout) histoire de masquer un peu mes boulettes sans devoir tout reprendre.

J’étais dans ma période bleue, tous les peintres passent par une période bleue.

Il ne nous reste plus que Krauss. Peu de choses à dire au niveau technique puisqu’on réutilise les mêmes couleurs et les mêmes techniques que sur les autres héros. Petit détail quand même, la « tête » est une base de gris clair (je ne sais plus trop lequel) sur laquelle j’ai passé de l’encre noir dilué, bien dilué même. Juste pour avoir un très léger film qui assombrit le bas de la tête.

Un petit côté GI Joe assumé.

Voilà qui clôture ce premier article avec des figurines peintes à un niveau que j’estime amplement suffisant pour un jeu de plateau. Bien sûr, on est loin du niveau des pro mais le rapport temps/résultat me convient parfaitement. La suite au prochain article avec les crapauds-mutants, deux boss et sans doute les bustes qui sont actuellement à l’atelier peinture.

Mangez des carottes !